Hommage à la famille Kessaci
Monsieur le Président, chers collègues.
Mehdi avait 20 ans; il rêvait de devenir policier: il a été abattu pour faire taire son frère Amine, dont l’engagement contre les ravages du narcotrafic est connu de tous en France et en Europe. Au nom du groupe Socialistes et Démocrates, je redis notre soutien à sa famille, à ses proches, et le combat nous oblige.
En France, le narcotrafic génère 5,5 milliards d’euros par an, fait vivre 200 000 personnes et alimente plus de 1 million de consommateurs de cocaïne. Depuis 2021, les assassinats et les tentatives d’assassinat ont augmenté de 33 %. Ce ne sont pas des statistiques abstraites: ce sont des vies broyées, des familles détruites. Les réseaux criminels ciblent nos enfants. Ils leur promettent reconnaissance, argent et réussite rapide. En réalité ils les utilisent comme des fusibles – interchangeables –, des soldats sans visage voués à la prison ou à la mort.
Là où l’état de droit recule, le narcotrafic impose sa loi, ses règles, sa violence. Ces enfants dont nous entendons parler par des faits divers pourraient être les nôtres. Une mauvaise rencontre, un moment de fragilité, et toute la vie bascule, et toute une famille bascule. La répression est nécessaire, mais elle ne peut être la seule réponse. La prison est devenue un lieu d’apprentissage et de structuration: on y rentre parfois délinquant pour en ressortir criminel.
C’est pourquoi nous avons besoin d’une véritable stratégie antidrogue – lisible, coordonnée, dotée de moyens, articulant sécurité, prévention, santé, éducation et lutte contre la corruption –, d’un plan d’action qui s’inscrive dans la durée et non dans la réaction, qui envoie un message d’espoir à nos concitoyens en leur assurant la protection de leur Union européenne.
«Rétablir la paix et la justice», telle est la signification du prénom Mehdi, en arabe. Une résolution sur le narcotrafic sera votée dans cet hémicycle en janvier prochain. Il nous faudra nous réveiller et réveiller nos consciences. Nous n’avons plus le droit de détourner le regard. Soyons à la hauteur des épreuves et du combat de la famille Kessaci !




